Montréal, le 15 juin 2016. L’Office de consultation publique de Montréal (OCPM) rend public ce
matin son rapport de la consultation publique sur la réduction de la dépendance montréalaise
aux énergies fossiles. Rappelons que ce mandat de consultation provient d’une demande
citoyenne en vertu du Droit d’initiative inscrit à la Charte montréalaise des droits et
responsabilités. Il avait pour objectif de faire émerger « des initiatives concrètes, ambitieuses et
réalisables que la Ville de Montréal pourrait mettre en œuvre afin de réduire notre dépendance
aux énergies fossiles. »
Soulignant l’extraordinaire mobilisation que ce mandat a suscitée, la présidente de l’OCPM,
Dominique Ollivier, a déclaré : « Au lancement de cette consultation, nous disions vouloir faire
le pari de l’intelligence collective pour trouver des solutions pour Montréal en associant
l’énergie des citoyens au débat entourant les énergies fossiles et les énergies renouvelables. En
cinq mois, c’est plus de 3500 citoyens et organisations qui ont répondu à notre invitation. »
En plus des séances traditionnelles d’audition d’opinions écrites ou orales, cette consultation
proposait une diversité de moyens pour recueillir l’avis des citoyens : une consultation en ligne
dans une plateforme qui permettait les débats d’idées, des activités contributives citoyennes
(consultations auto-organisées à partir d’une trousse téléchargeable), des rencontres d’experts
et un marathon créatif. En ont découlé 92 mémoires, plus de 50 événements, près de 500 pistes
de solutions et une vingtaine de projets.
L’Office note que pour la majorité des participants à la consultation, la réduction de la
dépendance aux énergies fossiles s’insère dans une action plus vaste visant, à terme, la
réduction des gaz à effet de serre et la lutte aux changements climatiques. À ce titre, les
solutions proposées touchent l’ensemble de la société de consommation et débordent du cadre
strict de son mandat de consultation. « Les résultats bruts de la démarche constituent une mine
de renseignements et de suggestions, de références à des expériences d’ici et d’ailleurs, qu’il a
été particulièrement ardu de traduire en quelques recommandations permettant de réduire la
consommation d’énergies fossiles à Montréal. » a jouté la présidente.
Conformément au souhait exprimé par le maire et par les collectifs de citoyens à l’origine de
cette demande de consultation, la commission de l’OCPM a tenté, sur la base des informations
qui lui ont été fournies, d’identifier les grands domaines d’activité propices à une réduction
significative des énergies fossiles, de dégager des perspectives porteuses et des initiatives
concrètes à insérer dans les politiques de la Ville ou en cohérence avec ses responsabilités et,
finalement, de mettre en lumière les efforts que les citoyens eux-mêmes sont prêts à consentir
et la façon dont la Ville pourrait soutenir cette volonté. Le corpus des solutions proposées
demeure néanmoins disponible sur le site de l’OCPM à l’adresse
ocpm.qc.ca/energies-fossiles.
Le rapport rendu public aujourd’hui propose, dans un premier temps, de grandes
recommandations transversales qui demandent des changements de principes et de paradigme,
puis des solutions spécifiques dans des domaines tels que les bâtiments, le transport des
marchandises, le transfert modal, etc.
Au terme de la consultation, la commission évalue que pour réaliser une véritable transition
énergétique, la Ville doit profiter de cette conjoncture favorable pour énoncer rapidement des
orientations claires qui devront s’ériger en principes de manière globale dans toutes les actions
et politiques de la Ville. Elles se déclinent en quatre thématiques énoncées ci-dessous.
La Ville doit se doter de mesures et d’indicateurs performants pour suivre les progrès de ses
plans et politiques, ainsi que se donner une obligation de rendre des comptes à la population de
façon périodique pour développer une culture du succès. Elle doit favoriser en priorité les
actions qui permettent de changer le paradigme du tout-à-l’auto et d’aménager une ville moins
dépendante des énergies fossiles. Elle doit développer des mécanismes et exercer un leadership
fort afin de permettre de financer la transition énergétique. La Ville doit devenir exemplaire
dans ses pratiques et sa propre gestion afin de devenir un modèle pour les Montréalais et ses
partenaires, d’imprimer le mouvement et d’appuyer la mobilisation de la collectivité dans tous
les domaines où la réduction de la consommation des énergies fossiles est possible.
Une liste des recommandations est disponible dans le dossier de presse (
version française et
version anglaise) alors que le rapport complet est disponible
ici.